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INTERVIEW VIGNERON : NICOLAS CHIQUET

  • Bonjour Nicolas, pouvez-vous vous présenter et présenter votre domaine pour nos lecteurs ?
Nicolas, Marion et Antoine

« Nous sommes un famille de vignerons depuis 8 générations et c’est en 1910-1911 que notre grand-père et son frère ont décidé de vinifier eux-mêmes leur champagne. Ils ont vite arrêté à cause de la guerre pour reprendre en 1919. A l’origine c’était la marque « Chiquet Frères » et en 1935, notre grand-père, Gaston, s’est séparé de son frère et a racheté une maison de champagne qui était en faillite avec un vieux réseau de caves, là où nous somme aujourd’hui situés. La marque « Gaston Chiquet » a été crée en 1935. Notre père, Claude, a repris le domaine en 1950, Antoine, mon frère, en 1982 et moi en 1991. Aujourd’hui, nous sommes 3 frères à être propriétaires de l’entreprise dont 2 à travailler sur l’exploitation.

Dizy, champagne Gaston Chiquet

Nous sommes situés dans la Vallée de la Marne et notre vignoble est principalement situé sur le versant nord de ce terroir et exposé majoritairement sud. On a donc la chance d’avoir un terroir très expressif. Notre philosophie c’est le terroir. On utilise les 3 cépages champenois sur une surface d’environ 23 hectares en production avec une répartition d’environ 50% pour le chardonnay, 20% pour le pinot noir et 30% pour le meunier. Il y a eu une petite évolution sur les 40 dernières années : on a un peu pus de chardonnay et un peu moins de meunier, on s’adapte simplement à la climatologie et à nos besoins pour les assemblages.

Ce qui est atypique c’est que l’on est sur un terroir dominé par le pinot noir et on a beaucoup de chardonnay dont 6 hectares à Aÿ. Dans les années 20, notre grand-père réalisait un vin tranquille qu’on pourrait appeler aujourd’hui Côteau Champenois mais à l’époque c’était appelé « vin nature de champagne » et il le réalisait à partir d’une parcelle de chardonnay d’Aÿ « Vauzelle-Crohau ». En 1950, notre père a rejoint son père et a essayé de vinifier ce vin blanc en champagne, c’était le 1er millésime et la première revendication de notre Blanc de Blancs d’Ay. Progressivement avec les générations qui ont suivi, on a arraché les dernier pinot noir d’Ay et aujourd’hui on a uniquement du chardonnay sur des vieilles vignes, des jeunes vignes et sur différentes expositions, ce qui nous donne beaucoup de possibilités pour l’assemblage et nous permet la régularité et la qualité même si on est sur le même cépage et le même village.

On produit en moyenne 180 000 bt par an. »

  • Vigneron, c’était une vocation pour vous, comment en êtes-vous venu a gérer un domaine viticole ?

« Comme vous pouvez le voir, entre Antoine et moi il y avait un grand saut ! » Il rit…

pressoir de chardonnay - champagne Gaston Chiquet

« Au départ, je n’étais pas du tout certain de venir sur l’exploitation. Mon père m’a envoyé dans un lycée viticole mais je n’ai pas été passionné au début. Au bout d’un an de travail sur le domaine j’ai regretté de ne pas être venu plus tôt ! Il faut pratiquer pour découvrir et se rendre compte de ce que ça entraine. »

  • Quelle est votre ligne de conduite en viticulture et à la cave et pourquoi avoir choisi celle-ci?

« Par rapport aux années 90, on a beaucoup évolué. Nos pratiques culturales font que les rendements sont en chute donc on s’adapte, à l’inverse de ce qu’on faisais dans les années 90. Par exemple dans les années 90 on faisait le choix d’augmenter la densité de plantation par hectare pour diminuer la production sur le long terme en entrainant une concurrence entre chaque plan, alors que depuis 2004-2005 on est repartis aux densités plus faibles comme notre grand-père pour compenser les pertes de production liées au charutage principalement.

On a fait le choix d’être certifier VDC (viticulture durable en Champagne) et HVE niveau 3 (Haute Valeur Environnementale) il y déjà quelques années mais sans communiquer dessus car on préfère communiquer sur la qualité de nos produit sans forcément passer par le label. Néanmoins, on en avait besoin pour certifier cette qualité et note vision. Au niveau vinifcation, déjà dans les années 40 notre grand-père avait fait construire des cuves en beton carrellé pour limiter l’usage des foudres et des tonneaux car notre secteur est assez puissant. On a beaucoup d’ensoleillement donc on a pas mal de caractère sur nos vins et le bois renforçait cette puissance, on obtenait donc des vins plutôt lourd. On a, en conséquence, utilisé des contenants plus neutres. Aujourd’hui, la cuverie est uniquement constituée d’inox, la vinification est exactement la même pour toutes nos cuvées, les différences qu’il y a c’est uniquement le terroir

On réalise des vinifications parcellaires histoire de séparer au maximum les différentes parcelles. Le plus important pour nous c’est de s’adapter au terroir. »

  • Qu’est ce qui vous fait le plus vibrer dans votre métier ?

« Ce qui est plaisant c’est qu’on a un métier qui est très polyvalent mais surtout, on part de la terre pour élaborer un produit de luxe qu’on va vendre dans les plus beaux endroits du monde !

C’est une chance de faire son propre produit et de le commercialiser : c’est très motivant !

Le plus grisant c’est tous les choix que l’on a à faire de la terre au commerce. »

 

  • Comment décriveriez vous le style de vos champagnes ?

« Du caractère mais toujours avec de l’élégance. On veut exprimer le terroir mais on veut également qu’ils aient de belles capacités de vieillissement. »

  • Au niveau commercialisation, quels sont vos principaux canaux de vente ?

« On vend 80% de nos champagnes à l’export. Principalement aux USA, en Angleterre, en Italie et au Japon. La France représente 20% de nos vente sur une clientèle majoritairement particulière. »

  • Quelle est votre cuvée préférée parmi les champagnes de votre production et pourquoi ?

« C’est une horreur, parce que je change sans arrêt ! Ca dépend du moment ! » il rit… « Au printemps, je reviens régulièrement au Blanc de Blancs d’Aÿ 2014, c’est fantastique ! Mais cet hiver , c’était le Millésime Or 2009, au coin du feu c’était parfait ! »

  • Pour finir, Un conseil pour un accord met-champagne réconfortant pendant le confinement ?

« Une viande blanche et un verre de blanc de blanc, enfin une bouteille de blanc de blanc d’Aÿ bien sur ! il rigole