NOUVEAUX HORAIRES !

Lundi : 17H00 -21H00 Mardi - mercredi : 11H00 - 19H30 - du jeudi au samedi 11H00 - 21H00

Bien choisir son Champagne
Drapeau-en Drapeau-fr

INTERVIEW VIGNERON : FABIEN GRUMIER

 

  • Bonjour Fabien, pouvez-vous vous présenter et présenter votre domaine pour nos lecteurs ?

La maison Maurice Grumier c’est une maison familiale où on élabore du champagne depuis 4 générations. C’est mon arrière-grand-père, Amand, qui a élaboré le premier champagne en 1928 mais on est vignerons depuis 12 générations, depuis 1743 exactement ; la même date que la création de Moët ! On n’a pas grandit de la même façon mais on est nés en même temps ! » il rigole…

« On est une vieille famille vigneronne installée à Venteuil depuis toujours.

Maurice Grumier c’était mon grand-père. A sa mort en 1968, mon père a repris le domaine sans changer le nom. Moi j’ai repris le domaine officiellement en 2006, quand mes parents sont partis en retraite.

On est sur 8,50 hectares plantés à 50% meunier, 25% pinot noir et 25% chardonnay. Tout est sur la Vallée la Marne à Venteuil, Damery, Reuil , Festiny, Dormans et Bayeux-sous-Chatillon, ce sont vraiment de jolis terroirs à Meunier ! On manipule environ 90% de notre récolte pour environ 70 000 bouteilles par an. »

  • Vigneron, c’était une vocation pour vous, comment en êtes-vous venu a gérer un domaine viticole ?
Fabien et Hélène Grumier

« Oui, ah ça oui, c’était une vocation ! Je suis vigneron depuis tout petit, je suis tombé dedans quand j’étais petit comme Obélix ! » il rigole… « A 14-15 ans j’avais besoin d’un peu d’argent de poche pour sortir avec les copains alors j’allais aux vignes puis dés que j’ai eu mon brevet des collèges je suis allez à Avize pour faire un bac pro vigne et vin et un BTSA technico-commercial vins et spiritueux. En 1998 je suis sorti d’Avize et j’ai fais quelques stages chez des vignerons en champagne avant d’arriver en tant que salarié sur le domaine en 1999.

J’ai réellement pris les rennes du domaine en 2006 et je n’ai jamais pensé faire autre chose car j’aime beaucoup tout ce qu’on fait dans ce métier. J’ai deux garçons de 15 et 11 ans, pour l’instant il est tôt pour le dire, mais peut-être qu’il y en a un des deux qui reprendra, j’espère ! »

  • Quelle est votre ligne de conduite en viticulture et à la cave et pourquoi avoir choisi celle-ci?

« Donc pour la partie vigne, je suis certifié HVE depuis 2014. On utilise pratiquement plus d’herbicides, 90% du domaine n’est plus désherbé. Là par exemple je suis sur mon tracteur parce que depuis une bonne semaine on reprend tout les sols et on laboure. Aussi on maitrise les intrants et on a un raisonnement des traitements.

Est ce qu’un jour je passerai bio ? Sur une partie du domaine c’est assez réalisable sur la vie du sol et les labourages, mais les traitements massifs au cuivre en bio, ça me freine. Après je ne suis pas fermé à ça ! On essaye de bien faire les choses comme on sait bien les faire ! On arrive à faire une culture responsable sans forcement allez chercher le label.

L’esprit global à la vigne : maitrise des rendements, taille courte, vendange à maturité… enfin c’est le B.A.BA il faut faire comme ça ! » il rigole… « A la cave, on veut faire des champagnes de plaisir avec une

les vignes Grumier

complexité et du vin. En ce moment les gens recherche du tendu, bon, on en a avec notre Instant Nature et notre Blancs de Venteuil mais moi je cherche plus le coté vin. Je travaille beaucoup sur barriques, 40% de ma production est vinifiée ou élevé en fût.

On travaille en petites cuves thermorégulées de 22 hectolitres pour que chaque parcelle et marc soit vinifié séparément. On veut un maximum de vins pour l’assemblage. En février dernier, on a fait la dégustation des vins clair pour les assemblages, on avait 120 vins a goûter : une mâtiné on goute 90 barriques et le lendemain on goute les cuves et on finalise les assemblages, c’est beaucoup de boulot !

Les malos (fermentations malolactiques) depuis 3 ans, sont bloquées sur le domaine, avant on les faisaient partiellement mais depuis 2017 on bloque. Ça me permet de travailler sur deux tableaux : garder quand même de la fraicheur et de la minéralité tout en ayant le coté rond et plus gourmand du fût.

Aussi, ça me tient à cœur de garder des champagnes que j’ai pu faire dans ma carrière, des millésimes, je veux garder le patrimoine de la maison à travers les vins qu’on produit. Je souhaite garder ça pour mes enfants aussi. »

 

  • Qu’est ce qui vous fait le plus vibrer dans votre métier ?
Venteuil

« Ce qui me fais le plus vibrer c’est cette multitude de facettes. Déjà d’être dans un métier qui me plait, je n’ai jamais imaginé faire autre chose. Aussi, on a la chance de produire un vin unique : le champagne. Quand on voyage on dit qu’on est vigneron en champagne les yeux des gens s’illuminent.

Rencontrer des gens un peu partout, avoir l’opportunité de voyager et de rentrer à Venteuil, les pieds dans les vignes mais la tête à Londres c’est formidable ! Là, en vous parlant, je suis dans mon tracteur, je vois la terre et les corbeaux qui suivent la machine pour manger les verres de terre c’est génial de voir ca ! Et le lendemain on peut allez voir le caviste à Paris ou prendre l’avion pour rencontrer un client en Italie. Bon, après on est quand même beaucoup plus dans la cave que partis en vadrouille quand même ! » …. Il rigole

  • Comment décriveriez vous le style de vos champagnes ?

« C’est ce que je disais tout à l’heure, des champagnes plaisir, gourmands, où il y a du vin, où c’est riche, où il y a une multitude de parfums. Le coté tendu, minéral, très droit, ce n’est pas mon truc, Je veux quelque chose de riche et chaud. Amand c’est un vin qui a une aromatique très particulière, je suis allez très loin dessus, c’est très riche et opulent, un champagne de repas, pourquoi pas avec un fromage. Ça, ce sont des styles de vins qui me plaisent. »

  • Au niveau commercialisation, quels sont vos principaux canaux de vente ?

« Sur nos 65 000 bouteilles produites en 2019, on en a vendu 45% à l’export avec l’Italie en plus gros marché (12 000 bouteilles), puis la Suède, l’Allemagne et l’Espagne notamment à Ibiza (quand on y va c’est que pour le travail bien sur ! ) En grand export on travaille avec le Japon et les Etats-Unis qu’on aimerait développer. On vend 55% en France avec encore une partie de clientèle de particuliers qui date de nos parents mais on est plus présents chez des cavistes, dans des restaurant et pour des entreprises. »

  • Quelle est votre cuvée préférée parmi les champagnes de votre production et pourquoi ?

« C’est toujours un peu compliqué à dire mais en ce moment, ma cuvée préférée c’est Les Blancs de Venteuils. J’adore le chardonnay et avec le bois, on donne une expression du chardonnay assez riche, très aromatique. J’ai vraiment plaisir à le boire ! Le prochain à sortir aussi « Les plates pierres 2012 », ça va être super… »

  • Pour finir, Un conseil pour un accord met-champagne réconfortant pendant le confinement ?

« L’instant Nature » est intéressant pour les makis et sushis mais pour allez vraiment dans le réconfortant l’ « Amand » qui est vraiment gastronomique !  Il faut se faire plaisir avec ris de veau aux morilles, quelque chose de gourmand et d’assez riche. Ris de veau morille ça c’est bien ça…

Puis « Les Rosiers » notre rosé de saignée ! Là, la saison commence : il faut se le faire avec des fraises, c’est top ! Pas trop de sucre sinon on perd le vin, mais une coupe de fraise avec le rosé de saignée c’est top !