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Bien choisir son Champagne
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INTERVIEW VIGNERON : DAVID LEVASSEUR

  • Bonjour David, pouvez-vous vous présenter et présenter votre domaine pour nos lecteurs ?

« Je suis David Levasseur, gérant du domaine Albert Levasseur et je suis la 3ème génération de vignerons sur le domaine. Mon grand-père s’est installé en 1944 et vendait ses raisins au kilo comme beaucoup de viticulteurs à l’époque. Mon père Albert, a commencé à commercialiser son champagne dans les années 60. Moi, je suis arrivé dans les années 90. Le domaine est basé sur la rive droite de la Vallée de la Marne à Cuchery, un petit village à 20 minutes d’Epernay et 20 minutes de Reims. La plupart de nos coteaux sont exposés sud et le meunier s’y plait vraiment. Notre terroir permet d’exprimer tout le caractère gourmand de ce cépage. Les vignes s’étendent sur 4,20 hectares sur Cuchery, Fleury-La-Rivière et Chatillon-Sur-Marne avec un encépagement à majorité meunier 80% puis 15% de Pinot Noir et 5% de chardonnay. Nous produisons environ 35 000 bouteilles par an. »

  • Vigneron, c’était une vocation pour vous, comment en êtes-vous venu à gérer un domaine viticole ?

« Oui c’était une vocation, quand tu es gamin de viticulteur, tu ne cherches pas trop ! » il rigole… « Tu   as d’autres idées quand tu es vraiment gamin mais la vie fait que tu t’orientes rapidement vers la viticulture. On est toujours baigné dedans, je ne l’ai jamais vu comme un travail ! A l’origine je voulais être plongeur archéologue mais il n’y avait pas d’énormes débouchés dans la Marne ! » il rigole…« J’ai fais le lycée viticole d’Avize et après l’armée, je suis arrivé au domaine en 1992.

Le souci de bosser entre générations, c’est que ça n’est pas évident de faire sa place. L’évolution de notre métier a fait que soit tu t’ouvres et tu peux imaginer la viticulture du futur, soit tu restes bornés et tu n’évolues pas. Dans les années 80 c’était totalement différent, tous les produits était autorisés voir conseillés donc à partir de là c’est compliqué pour ces générations de comprendre les changements d’aujourd’hui. Maintenant, on est bien entouré, c’est dur de ne pas savoir qu’un produit est mauvais ! »

  • Quelle est votre ligne de conduite en viticulture et à la cave et pourquoi avoir choisi celle-ci ?

« Je suis fier de le dire : je suis le premier vigneron avoir eu la triple certification HVE (Haute valeur environnementale - 6ans), VDC (Viticulture durable en champagne - 6ans) et Terra vitis (3 ans)

Fût champagne Albert Levasseur

Je ne cours pas après les certifications, loin de là, mais quand j’ai commencé avec la première, j’ai trouvé qu’il y manquait des choses et finalement, chacune se complète. Et petit Scoop : on tente de passer en bio cette année, d’abord sur les chardonnays pour voir si c’est jouable pour nous. En champagne, on reste quand même sur une météo compliquée donc ça n’est pas simple.

L’année dernière on a utilisé de l’herbicide sur seulement 50% de la surface de la vigne mais depuis cette année zéro herbicide ! C’est la partie phytosanitaire qui me reste à travailler.

En vinif, on fait beaucoup de malo (fermentation malolactique). On utilise des cuves inox thermorégulées pour pouvoir contrôler la température des moûts comme ça on a des fermentations assez longues pour que les arômes se développent au mieux. Je ne filtre pas mes vins mais je fais en général 3 soutirages. Depuis 3 ans je me suis amusé à travailler sur des fûts ; je fais mes fermentations alcooliques en fût de plusieurs vins, sans malo et sans soutirage. Je laisse le vin reposer sur lies avec bâtonnage pendant 1 mois pour avoir un truc bien rond ! Je prévois de le tirer uniquement en magnums et en quantité très limitée… Sortie en avril 2021 pour 100% meunier en millésime 2017 !

Je travaille sur 3 cuvées comme ça : une 100% meunier, une 100% chardonnay et une 100% pinot noir, uniquement millésimé »

  • Qu’est ce qui vous fait le plus vibrer dans votre métier ?

« J’ai un peu réfléchi mais ça a été assez vite : c’est rencontrer des gens quand je me déplace, surtout à l’étranger ! On est toujours bien accueilli ; tu dis que t’es vigneron en Champagne et les gens te regardent avec les yeux qui brillent et te posent plein de questions ! Là on se rend compte qu’on fait un produit connu dans le monde entier !

Le champagne on en fait pour nous mais l’idéal c’est que les gens apprécient ce que tu fais et quand ils se font plaisir bah c’est sympa quoi ! » il rigole…

  • Comment décriveriez vous le style de vos champagnes ?

« Premier mot c’est gourmand, pas de soucis la dessus. » Il rigole… « Tu finis ton verre et c’est un peu comme les m&ms : tu en mets un dans ta bouche et tu as envie d’en reprendre ! »Très typés Vallée de la Marne, car je suis très fier de ma région !

Ils sont aussi très différents les uns des autres. Pour moi, c’est pas parce que tu es un petit vigneron que tu dois faire que des champagnes qui ont le même goût. Tu peux avoir une même ligne de conduite mais avec des goûts très différents ! »

  • Au niveau commercialisation, quels sont vos principaux canaux de vente ?

« On essaye d’aller le plus loin possible sur l’export, ça représente 50% de nos ventes. Et c’est là où je m’amuse le plus, les gens sont hyper curieux !  Quand l’importateur fait l’effort de te commander du champagne c’est parce qu’il l’a dégusté et que c’est ce qu’il recherche, c’est pas le prix ou le coté facile ! On exporte surtout au Danemark, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon, en Autriche, en Hollande et en Italie. On a aussi encore pas mal de clients habitués qui viennent à la propriété. Ça représente 45% de nos ventes. Quant aux professionnels, on est présent chez deux cavistes et dans quelques belles adresses de restaurants et hôtel en France et en Autriche. »

  • Quelle est votre cuvée préférée parmi les champagnes de votre production et pourquoi
    David chez Dilettantes

    ?

« Pfff c’est difficle à dire… Le Blanc de Terroir parce-que bizarrement c’est un chardonnay pourtant il n’y en a pas beaucoup, mais le chardonnay de la Vallée de la Marne je l’adore car il est différent de ce qu’on peut rencontrer sur les chardonnays classiques. Ce que j’adore c’est ce coté crémeux mais pas crayeux, c’est l’argile de notre terroir qui apporte ce coté crémeux en bouche. Un amateur de chardonnay d’Avize aimera moins, évidemment, mais c’est une autre facette du chardonnay ! »

  • Pour finir, un conseil pour un accord met-champagne réconfortant pendant le confinement ?

« J’en ai deux :

  • Le Blanc de terroir avec une blanquette de veau c’est top ! Je suis un grand amateur de blanquette de veau ! La sauce blanche va super bien avec le coté crémeux du blanc de terroir !
  • Je suis un grand fan d’huitres aussi... Avec Le Rue du Sorbier Nature : Une tuerie ! »